Si votre entreprise fabrique, importe ou distribue des produits dans l’Union européenne, le passeport numérique du produit va changer la façon dont vous identifiez chaque article que vous mettez sur le marché. Il ne s’agit pas d’une perspective lointaine : le registre central européen des passeports est déjà opérationnel depuis juillet 2026, les normes techniques définissant les supports de données — y compris la technologie RFID — ont déjà été publiées, et la première obligation sectorielle, le passeport des batteries, entrera en vigueur le 18 février 2027.
Le problème pratique n’est pas juridique, mais opérationnel : le DPP exige que chaque produit soit physiquement muni d’un support de données relié à ses informations numériques. Cela oblige à décider dès aujourd’hui comment chaque article sera identifié — QR, Data Matrix, NFC ou RFID —, avec quel identifiant, à quelle étape du processus et comment l’intégrer aux systèmes de l’entreprise. Un mauvais choix entraînera le réétiquetage de millions d’unités par la suite.
Dans ce guide, vous découvrirez ce qu’est exactement le DPP selon le règlement (UE) 2024/1781, comment fonctionne son architecture, quels délais sont confirmés et lesquels ne sont qu’indicatifs, et — d’après notre expérience en tant que fabricant européen d’étiquettes RFID —quel rôle concret la RFID peut jouer en tant que support de données et outil de collecte de données pour alimenter le passeport.
Qu’est-ce que le Passeport numérique du produit (DPP) ?
Le Passeport numérique du produit (DPP) est un ensemble de données spécifiques à chaque produit — composition, origine, réparabilité, recyclabilité, substances, empreinte environnementale — accessible par voie électronique via un support de données (data carrier) intégré au produit lui-même. Il est prévu par le règlement européen sur l’écoconception (ESPR) et deviendra progressivement obligatoire par catégories de produits.
La définition juridique est précise. Selon l’article 2, point 28, du règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), le passeport numérique du produit est « un ensemble de données spécifiques à un produit, comprenant les informations spécifiées dans l’acte délégué applicable et accessible par voie électronique via un support de données ».
De cette définition découlent trois notions qu’il convient de préciser d’emblée :
- Le DPP est une information, pas une étiquette. Les données du passeport résident dans une infrastructure numérique (systèmes du fabricant ou des prestataires de services DPP), et non à l’intérieur d’une puce.
- L’accès est à la fois physique et numérique. Chaque produit est muni d’un support de données (QR, Data Matrix, NFC, RFID…) qui contient ou code un identifiant unique ; cet identifiant renvoie aux données du passeport.
- Le contenu est défini par chaque acte délégué. Il n’existe pas de liste universelle de données : la Commission européenne définit les exigences catégorie par catégorie (batteries, textiles, acier, pneumatiques…).
Le DPP en 5 points
- Qu’est-ce que c’est : un registre numérique contenant les informations relatives à la durabilité, à la composition et à la circularité de chaque produit.
- Qui le réglemente : l’Union européenne, par le biais du règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), en vigueur depuis le 18 juillet 2024, et de règlements sectoriels tels que celui sur les batteries (UE) 2023/1542.
- Comment y accéder : en scannant ou en lisant un support de données apposé sur le produit, son emballage ou sa documentation.
- Quand : les batteries à partir du 18 février 2027 ; les textiles, l’acier, l’aluminium, les pneumatiques, les meubles et les matelas suivront selon leurs actes délégués (prévisions 2027-2030).
- Qui est concerné : les fabricants, importateurs et distributeurs qui commercialisent des produits réglementés dans l’UE ; des obligations s’appliquent également aux réparateurs et aux recycleurs en tant qu’utilisateurs des informations.
Pourquoi le DPP existe-t-il ? Le règlement ESPR et l’économie circulaire
Le DPP existe parce que l’UE a besoin que les informations relatives à la durabilité accompagnent le produit tout au long de son cycle de vie. Sans données fiables sur la composition, la réparabilité ou la recyclabilité, l’économie circulaire ne peut fonctionner : ni le consommateur ne peut comparer, ni le réparateur ne peut réparer, ni le recycleur ne peut récupérer les matériaux de manière efficace.
Le cadre juridique est le règlement (UE) 2024/1781 relatif à l’écoconception des produits durables (ESPR, selon son acronyme anglais), adopté le 13 juin 2024 et en vigueur depuis le 18 juillet 2024. L’ESPR remplace l’ancienne directive sur l’écoconception et étend son champ d’application au-delà des produits énergétiques : il concerne potentiellement presque tous les produits physiques commercialisés dans l’UE.
Le chapitre III de l’ESPR (articles 9 à 15) régit spécifiquement le passeport numérique du produit : exigences générales, conception technique, identifiants uniques, registre central, portail web public et contrôles douaniers. Deux exigences du règlement définissent la partie physique du système :
- Le support de données doit être physiquement présent sur le produit, sur son emballage ou dans la documentation qui l’accompagne, conformément à ce que prévoit l’acte délégué applicable (article 10 de l’ESPR).
- L’identifiant unique du produit est «une chaîne de caractères unique permettant d’identifier un produit et qui renvoie également vers le passeport numérique du produit via un lien web» (article 2, point 30).
Le raisonnement de cause à effet est direct : si l’UE souhaite prolonger la durée de vie des produits (réparation, réutilisation, reconditionnement, recyclage), elle a besoin que tout acteur autorisé — consommateur, inspecteur, réparateur, recycleur — puisse accéder à des données fiables concernant le produit spécifique qui se trouve devant lui. Le DPP en est le mécanisme ; le support de données en est la porte d’entrée ; et l’identification unique au niveau de l’article en est le fondement.
Comment fonctionne un DPP ? Architecture en couches
Un DPP fonctionne en reliant un produit physique à ses données numériques via quatre couches : (1) un identifiant unique attribué au produit, (2) un support de données qui contient cet identifiant, (3) un mécanisme de résolution qui convertit l’identifiant en lien, et (4) l’infrastructure numérique où résident les données du passeport.
Deux éléments de l’infrastructure européenne complètent le système :
- Registre central DPP (article 13 du RGPD). Le règlement obligeait la Commission européenne à créer, avant le 19 juillet 2026, un registre central permettant de stocker en toute sécurité les identifiants uniques. Ce registre a été mis en service en juillet 2026. Important : le registre ne stocke pas les données du passeport, mais les identifiants ; il fonctionne comme un annuaire indiquant où chaque fabricant héberge son DPP.
- Portail web public (article 14 de l’ESPR). Un point d’accès européen permettant de rechercher et de comparer les informations relatives aux passeports.
Conséquence opérationnelle pour un fabricant : les données restent sa propriété et sont hébergées sur ses systèmes (ou chez son prestataire de services DPP), mais l’identifiant doit être enregistré et l’accès doit être garanti pendant toute la durée de vie du produit. Cela fait de la qualité de l’identification physique — l’étiquette et son encodage — une exigence de conformité, et non plus un simple détail logistique.
Quelles informations contient un DPP ?
Le contenu exact du DPP est défini par l’acte délégué propre à chaque catégorie de produit. À titre de référence générale, l’ESPR prévoit des informations sur la durabilité, la réparabilité, la teneur en matériaux recyclés, les substances préoccupantes, l’empreinte environnementale et carbone, les instructions d’utilisation et de fin de vie, avec des niveaux d’accès différenciés selon le type d’utilisateur.
| Catégorie d’informations | Exemples | Principaux utilisateurs |
|---|---|---|
| Identification | Identifiant unique, GTIN, modèle, lot ou numéro de série | Tous les acteurs |
| Composition et matériaux | Fibres, alliages, teneur en matériaux recyclés, substances préoccupantes | Autorités, entreprises de recyclage |
| Durabilité | Empreinte carbone, empreinte environnementale, certifications | Consommateurs, acheteurs B2B, autorités |
| Économie circulaire | Réparabilité, pièces de rechange, instructions de démontage et de recyclage | Réparateurs, recycleurs |
| Conformité | Déclarations de conformité, documentation technique | Autorités de contrôle, douanes |
| Chaîne d’approvisionnement | Opérateur responsable, site de fabrication, traçabilité | Autorités, partenaires commerciaux |
Le niveau de granularité est également fixé par chaque acte délégué : le passeport peut être défini par modèle, par lot ou par article individuel. Ce choix conditionne directement la technologie d’identification : un DPP par modèle peut être mis en œuvre à l’aide d’un code QR imprimé identique sur l’ensemble de la série ; un DPP par article exige une sérialisation unité par unité — le domaine de prédilection de la RFID et des codes 2D sérialisés.
Qu’est-ce qu’un support de données ?
Un support de données (data carrier) est l’élément physique lisible par une machine qui donne accès au passeport numérique. L’ESPR le définit comme « un symbole de code-barres linéaire, un symbole bidimensionnel ou tout autre moyen de saisie automatique d’identification et de données pouvant être lu par un appareil » (règlement (UE) 2024/1781, article 2, point 29).
Cette définition est délibérément neutre sur le plan technologique. Dans la pratique, les options sont les suivantes :
- Codes 2D imprimés : QR et Data Matrix. Lisibles avec un smartphone, coût marginal quasi nul si l’étiquette est déjà imprimée.
- NFC (HF, 13,56 MHz) : lecture par proximité avec un smartphone, expérience d’interaction haut de gamme avec le consommateur.
- RFID UHF (RAIN RFID, 860-960 MHz) : lecture massive, à distance et sans ligne de visée ; la norme de facto en matière de traçabilité dans le commerce de détail, le secteur textile et la logistique. Si vous souhaitez approfondir les bases technologiques, nous expliquons ici ce qu’est la technologie RFID et comment fonctionne une étiquette RFID industrielle.
La norme européenne EN 18220 (Digital Product Passport — Data carriers), élaborée par le comité CEN/CENELEC JTC 24 et désignée comme norme harmonisée en juillet 2026, spécifie les exigences relatives aux supports de données admis pour le DPP, notamment les codes QR, Data Matrix et RFID (HF/NFC et UHF), ainsi que les critères de placement et de qualité. Sa norme sœur, la norme EN 18219 (identifiants uniques), prend en charge plusieurs schémas d’identification, parmi lesquels les URI de GS1 Digital Link.
La différence essentielle
- DPP = système d’information. Les données du produit, hébergées sur une infrastructure numérique.
- Identifiant unique = le numéro d’immatriculation. La chaîne de caractères qui identifie le produit et renvoie à son passeport.
- Support de données = le support physique. QR, Data Matrix, NFC ou RFID : ce qui est apposé sur le produit et porte l’identifiant.
- RFID = technologie d’identification par radiofréquence. Un type de support de données qui automatise en outre la saisie des données sans ligne de visée.
- QR = support de données visuel. Lisible par n’importe quel smartphone, il nécessite une ligne de visée et une lecture un par un.
- NFC = identification par proximité. Support de données par radiofréquence HF destiné à une interaction de proximité avec l’utilisateur.
Une erreur fréquente — même dans les articles spécialisés — consiste à présenter le DPP comme « une puce contenant toutes les informations du produit ». C’est techniquement incorrect : le support de données contient l’identifiant (et, dans le cas de la RFID, éventuellement certaines données supplémentaires en mémoire utilisateur), mais le passeport se trouve dans le cloud. Si le support physique est endommagé, les données ne sont pas perdues ; si les données sont mises à jour (une réparation, par exemple), il n’est pas nécessaire de toucher à l’étiquette.
Quel rôle joue la RFID dans le Digital Product Passport ?
La RFID n’est pas obligatoire pour le DPP, mais c’est la technologie qui transforme le passeport en un outil opérationnel. En tant que support de données reconnu par la norme EN 18220, une étiquette RFID UHF peut contenir l’identifiant unique du produit et, de plus, automatiser la saisie des données de traçabilité qui alimentent le passeport tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Il convient de distinguer les deux rôles de la RFID dans un projet DPP :
1. La RFID en tant que support de données
Une étiquette RFID UHF (RAIN RFID, protocole EPC Gen2 / ISO/IEC 18000-63) contient une puce dotée de plusieurs zones de mémoire pertinentes pour l’identification :
- Mémoire EPC : où est encodé l’identifiant de l’article — généralement un SGTIN, qui combine le GTIN du modèle avec un numéro de série unique par unité.
- Mémoire TID : enregistrée par le fabricant de la puce, elle comprend un numéro de série unique et non modifiable qui apporte un niveau supplémentaire d’authenticité.
- Mémoire utilisateur (facultative) : disponible sur certaines puces pour stocker des données supplémentaires.
Avec la norme GS1 Digital Link, cet identifiant est exprimé sous la forme d’un URI web : le même identifiant lu par un portail RFID d’un magasin peut renvoyer vers le passeport numérique du produit. La prise de position commune publiée par GS1 et RAIN Alliance en septembre 2025 propose précisément cette combinaison — des identifiants GS1 sérialisés sur RAIN RFID, avec un QR/2D comme support complémentaire pour le consommateur — comme solution de référence pour les DPP.
2. La RFID comme outil de collecte de données
Voici l’argument opérationnel que les guides juridiques omettent souvent : un passeport numérique n’est utile que si les données qu’il contient sont exactes et à jour, ce qui nécessite de capturer les événements tout au long de la chaîne. Fabrication, expédition, réception, vente, retour, réparation, recyclage : chaque événement correspond à une lecture.
- Avec le QR, chaque lecture est manuelle, une par une et nécessite une ligne de visée.
- Avec la RFID UHF, un portique ou un lecteur portable capture des centaines d’articles en quelques secondes, sans ligne de visée, même lorsque le produit est emballé — c’est le fondement des applications RFID en logistique.
La relation de cause à effet : plus le coût de chaque lecture est faible, plus une entreprise peut se permettre d’avoir de points de contrôle, et plus l’historique qui alimente le DPP (généralement via des événements EPCIS vers l’ERP/WMS) est complet et fiable. C’est pourquoi les secteurs qui utilisent déjà la RFID au niveau de l’article — le textile et la grande distribution, avec des dizaines de milliards d’étiquettes UHF vendues chaque année selon la RAIN Alliance — partent avec un avantage pour le DPP : l’infrastructure d’identification sérialisée existe déjà.
RFID, QR et NFC : comparaison en tant que supports de données pour le DPP
Il n’existe pas de support de données « gagnant » universel : le QR code est le dénominateur commun (obligatoire sur les piles et lisible par n’importe quel smartphone), le NFC offre une interaction haut de gamme avec le consommateur et la RFID UHF permet la sérialisation et la saisie massive dans la chaîne d’approvisionnement. De nombreux projets DPP combineront deux supports sur la même étiquette.
| Critère | RFID UHF (RAIN) | NFC (HF) | Code QR / Data Matrix |
|---|---|---|---|
| Fréquence / nature | 860-960 MHz, radiofréquence | 13,56 MHz, radiofréquence | Optique imprimé |
| Distance de lecture typique | Jusqu’à plusieurs mètres (selon l’étiquette et l’environnement) | Centimètres (proximité) | Selon la caméra et la taille du code |
| Lecture sans ligne de visée | Oui | Oui (à courte distance) | Non |
| Lecture multiple simultanée | Oui (des centaines de tags par seconde) | Non (un par un) | Non (un par un) |
| Lecture possible avec un smartphone standard | Non (nécessite un lecteur UHF) | Oui | Oui |
| Sérialisation par unité | Native (EPC + TID uniques) | Native (UID + mémoire) | Possible (impression de données variables) |
| Données réinscriptibles sur le support | Oui (mémoire EPC/utilisateur) | Oui (selon la puce) | Non (réimpression) |
| Coût unitaire relatif | Moyen | Moyen à élevé | Très faible |
| Papier standard en DPP | Traçabilité de la chaîne d’approvisionnement + identifiant | Interaction avec le consommateur + authenticité | Accès universel au passeport |
Trois interprétations pratiques du tableau :
- Si l’acte délégué exige que le consommateur y accède via un smartphone, un support optique (QR/Data Matrix) ou la technologie NFC sera nécessaire. Pour les piles, le règlement (UE) 2023/1542 précise déjà qu’il s’agit du code QR.
- Si l’entreprise a besoin d’automatiser ses inventaires, ses expéditions et sa logistique, la RFID UHF est la seule des trois technologies conçue pour capturer des centaines d’unités par seconde.
- La combinaison est naturelle, sans redondance : une même étiquette peut intégrer un inlay RFID UHF et l’impression d’un QR code avec le même URI que le GS1 Digital Link. Un identifiant, deux portes d’accès.
Quand le DPP deviendra-t-il obligatoire ? Calendrier vérifié (août 2026)
La seule date contraignante confirmée à ce jour est celle du passeport des batteries : le 18 février 2027. Pour les autres catégories, le plan de travail de l’ESPR 2025-2030 fixe des prévisions indicatives : les premiers actes délégués (acier, textile, pneumatiques, aluminium) sont attendus entre 2026 et 2027, avec une mise en œuvre effective estimée à partir de 2027-2030.
| Catégorie | Situation | Date | Nature | Source |
|---|---|---|---|---|
| ESPR (cadre général) | En vigueur | 18/07/2024 | Obligation en vigueur | Règlement (UE) n° 2024/1781 |
| Registre central DPP | Opérationnel | Juillet 2026 (art. 13 : avant le 19/07/2026) | Obligation en vigueur | Commission européenne / Règlement général sur la protection des données (RGPD), art. 13 |
| Normes DPP (6 sur 8) | Publiées et citées comme harmonisées | Mai-juillet 2026 | Norme technique | CEN/CENELEC JTC 24 |
| Batteries (véhicules électriques, industrielles > 2 kWh, LMT) | Passeport obligatoire | 18/02/2027 | Date d’entrée en vigueur | Règlement (UE) 2023/1542 |
| Fer et acier | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2026 → mise en œuvre vers 2028 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
| Textile et chaussures | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2027 → mise en œuvre vers 2029 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
| Pneumatiques | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2027 → mise en œuvre vers 2029 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
| Aluminium | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2027 → mise en œuvre vers 2029 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
| Mobilier | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2028 → mise en œuvre vers 2030 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
| Matelas | Acte délégué en cours d’élaboration | Prévision indicative : 2029 → mise en œuvre vers 2031 | Prévision | Plan de travail ESPR 2025-2030 |
Remarques importantes pour l’interprétation du calendrier :
- Le plan de travail ESPR 2025-2030, adopté par la Commission européenne le 16 avril 2025, donne la priorité aux textiles et à l’habillement, au mobilier (y compris les matelas) et aux pneumatiques en tant que produits finis, ainsi que le fer/l’acier et l’aluminium en tant que produits intermédiaires — catégories pertinentes pour l’identification RFID dans l’industrie.
- Entre l’adoption de chaque acte délégué et son application effective, l’ESPR prévoit en règle générale une période de transition d’au moins 18 mois (article 4) ; c’est pourquoi les dates d’application sont estimées en ajoutant ce délai.
- Tout ce qui ne relève pas du règlement sur les batteries et du cadre ESPR doit être considéré comme une prévision, et non comme une obligation. Les actes délégués peuvent être retardés ou voir leur champ d’application ajusté.
DPP pour les batteries : la première obligation assortie d’une date
À compter du 18 février 2027, chaque batterie de véhicule électrique, chaque batterie industrielle de plus de 2 kWh et chaque batterie de moyen de transport léger (LMT) commercialisée dans l’UE devra être dotée d’un passeport numérique accessible via un code QR figurant sur la batterie elle-même, conformément au règlement (UE) 2023/1542 (chapitre IX et annexe XIII).
Le cas des batteries constitue un modèle que les autres secteurs doivent étudier, car il concrétise déjà ce que l’ESPR laisse aux actes délégués :
- Support de données défini : code QR imprimé ou gravé sur la batterie.
- Niveau de détail : passeport par batterie individuelle (identifiant unique), avec des données sur le modèle et le lot/l’unité, telles que l’empreinte carbone par usine et par lot de fabrication.
- Contenu : caractéristiques techniques, composition chimique, empreinte carbone, rendement électrochimique, état de santé, informations relatives au démontage et à la sécurité, avec différents niveaux d’accès pour le grand public, les autorités et les opérateurs agréés.
Le caractère obligatoire du QR code signifie-t-il que la RFID est écartée pour les batteries ? Non : le QR code constitue l’exigence minimale d’accès, mais la gestion interne de la production et de la logistique des packs et des modules peut continuer à s’appuyer sur la RFID pour la traçabilité opérationnelle. Il s’agit de niveaux complémentaires : conformité (QR code) et efficacité (RFID).
DPP pour le textile : le secteur qui doit le plus se préparer
Le textile est la première grande catégorie de consommation priorisée par le plan de travail ESPR 2025-2030 : son acte délégué est attendu à titre indicatif vers 2027 et sa mise en œuvre effective vers 2029. C’est également le secteur où la RFID au niveau du vêtement est déjà une norme opérationnelle, ce qui permet de mettre en place le DPP sur l’infrastructure existante.
Pourquoi le secteur textile part avec une longueur d’avance s’il utilise déjà la RFID :
- La sérialisation existe déjà. Les marques qui étiquettent leurs produits textiles à l’aide d’étiquettes RFID attribuent déjà un SGTIN unique à chaque vêtement : c’est exactement le type d’identifiant sérialisé dont le DPP a besoin au niveau de l’article.
- La saisie des événements existe déjà. Les inventaires en magasin, les réceptions, les expéditions et les retours avec la RFID génèrent l’historique de traçabilité qui peut alimenter le passeport.
- Le matériel existe déjà. Des lecteurs fixes et portables, des portiques et des systèmes d’encodage à la source sont déjà déployés.
Pour une marque de prêt-à-porter, la bonne question n’est pas « vais-je devoir apposer un QR code en 2029 ? », mais « comment concevoir dès aujourd’hui mon étiquette — entretien, marque, RFID et code 2D — pour qu’un identifiant unique puisse servir à la fois pour l’inventaire, la logistique, la lutte contre la contrefaçon et le passeport numérique ? ». Anticiper cette décision évite de dupliquer les étiquettes et de réencoder des millions de vêtements.
Les exigences spécifiques du DPP textile (composition des fibres, substances, recyclabilité, informations sur la réparation) seront fixées par l’acte délégué ; jusqu’à son adoption, elles doivent être considérées comme des prévisions.
Normes du DPP : CEN/CENELEC JTC 24, GS1 et RAIN Alliance
La base technique du DPP est déjà publiée : le comité européen CEN/CENELEC JTC 24 a élaboré huit normes EN couvrant les identifiants, les supports de données, les API, l’interopérabilité, le stockage et la sécurité. Six d’entre elles ont été publiées en mai 2026 et désignées comme normes harmonisées en juillet 2026.
| Norme | Champ d’application | Pertinence pour l’identification physique |
|---|---|---|
| EN 18219 | Identifiants uniques | Comment identifier les produits et les opérateurs ; prend en charge des schémas tels que GS1 Digital Link URI |
| EN 18220 | Supports de données | Quels supports sont valides (QR, Data Matrix, RFID HF/NFC et UHF), emplacement et qualité |
| EN 18216 | Protocoles d’échange de données | Comment les données du passeport circulent-elles entre les systèmes ? |
| EN 18222 | API | Méthodes pour créer, lire, mettre à jour et rechercher des passeports |
| EN 18223 | Interopérabilité des systèmes | Modèle de données et sémantique partagés |
| EN 18221 | Stockage et archivage | Disponibilité des données pendant le cycle de vie du produit |
| EN 18239 | Droits d’accès et sécurité | Accès par rôles et confidentialité (publication prévue vers septembre 2026) |
| EN 18246 | Authentification et intégrité | Garantie de l’authenticité du passeport (publication prévue vers septembre 2026) |
Les normes d’identification du secteur s’appuient sur ce cadre réglementaire :
- GS1 : GTIN pour le modèle, SGTIN pour l’article sérialisé, GS1 Digital Link pour exprimer l’identifiant sous forme d’URI web et EPCIS pour le partage des événements de traçabilité.
- RAIN Alliance : l’écosystème de la RFID UHF passive (EPC Gen2 / ISO/IEC 18000-63), qui collabore avec GS1 pour qu’un même identifiant fonctionne en RFID, QR et NFC.
Pour le lecteur averti, la conclusion est rassurante : il ne faut pas miser sur une norme propriétaire. L’identification GS1 associée à des supports normalisés selon la norme EN 18220 est aujourd’hui la solution présentant le moins de risques d’obsolescence.
Comment préparer votre entreprise au DPP ? Liste de contrôle pour la prise de décision
La préparation au DPP ne commence pas par le logiciel, mais par l’identification : il faut déterminer le niveau de granularité (modèle, lot ou article), le schéma d’identifiant, le support de données et le point d’étiquetage. Ces décisions déterminent le coût de tout le reste.
Avant de définir votre stratégie d’identification pour le DPP, répondez à ces questions :
- Réglementation : dans quelle catégorie se classe votre produit et où en est son acte délégué ?
- Niveau de détail : passeport par modèle, par lot ou par article ? (cela détermine la sérialisation)
- Identifiant : utilisez-vous déjà le GTIN/SGTIN ? Comment exprimerez-vous l’identifiant sous forme d’URI (GS1 Digital Link) ?
- Support de données : QR, Data Matrix, NFC, RFID UHF ou une combinaison ? Qui doit le lire : le consommateur, un opérateur, un portique automatique ?
- Surface et environnement : le produit est-il en textile, en plastique, en métal, ou contient-il des liquides ? Les surfaces métalliques et les liquides altèrent le comportement électromagnétique d’une antenne UHF ; il existe des étiquettes RFID spécifiques pour le métal.
- Lieu d’étiquetage : à la source de fabrication, lors de la transformation, en entrepôt ?
- Durabilité : l’étiquette doit-elle résister aux lavages, à la température, aux produits chimiques, et durer toute la durée de vie du produit ?
- Collecte des données : quels événements devez-vous enregistrer (production, expédition, vente, retour, recyclage) et avec quels lecteurs ?
- Intégration : comment allez-vous relier les lectures à vos systèmes ERP/WMS/PLM et à votre plateforme DPP (événements EPCIS) ?
- Validation : avez-vous testé l’étiquette sur le produit réel, à la distance réelle, avec l’orientation et la densité réelles ?
Erreurs fréquentes lors de la préparation de l’identification pour le DPP
- Attendre la publication du décret d’application pour commencer. Le décret définit le contenu du « passeport », mais la sérialisation, l’étiquetage et la collecte des données nécessitent des mois, voire des années, de déploiement. Qui attend, doit réétiqueter.
- Considérer le DPP comme un projet purement logiciel. Sans étiquette fonctionnelle sur le produit réel, il n’y a pas de passeport accessible. La couche physique est une exigence de conformité.
- Choisir le support de données uniquement en fonction du coût unitaire. Un code QR est presque gratuit à imprimer, mais chaque lecture manuelle a un coût opérationnel. Le calcul correct porte sur le coût total : étiquette + lectures + erreurs évitées.
- Négliger la surface et l’environnement. Une étiquette UHF standard posée sur du métal ou à proximité de liquides peut se désynchroniser et voir ses performances chuter considérablement ; il existe des étiquettes conçues pour chaque surface.
- Serialiser sans norme. Les identifiants propriétaires qui ne sont ensuite pas compatibles avec GS1 Digital Link obligent à recoder. Mieux vaut opter dès le départ pour une norme.
- Ne pas définir la gouvernance des données. Qui met à jour le « passeport » après une réparation ? Qui est responsable de sa disponibilité tout au long du cycle de vie du produit ? L’ESPR exige un accès permanent.
- Déploiement à grande échelle sans phase pilote. Valider l’étiquette, l’encodage, les lectures et l’intégration sur une ligne de production ou dans un magasin avant de déployer le système à l’échelle de l’ensemble de l’activité.
Exemple pratique : RFID et DPP chez une marque de prêt-à-porter
Situation. Marque de mode produisant 2 millions de vêtements par an, fabrication externalisée dans plusieurs pays, 40 magasins en propre et vente en ligne. Elle souhaite anticiper le DPP textile et, par la même occasion, résoudre ses ruptures de stock dues à des inventaires imprécis.
Approche d’identification.
- Identifiant : SGTIN par vêtement (GTIN du modèle + série unique), exprimé sous forme d’URI GS1 Digital Link.
- Étiquette : étiquette volante (hangtag) avec inlay RFID UHF et code QR imprimé, les deux codant le même identifiant. Pour les gammes haut de gamme, étiquette RFID cousue sur le vêtement et résistante aux lavages.
- Encodage : à la source, lors de la fabrication de l’étiquette, avec vérification pièce par pièce (EPC gravé + TID enregistré).
Résultat attendu. La marque automatise les inventaires et les expéditions grâce à la RFID (des processus qui sont aujourd’hui manuels) et, lorsque l’organisme délégué du secteur textile aura défini le contenu du passeport, elle disposera alors : d’une sérialisation par vêtement, d’un support de données double (RFID + QR) et d’un historique des événements pour alimenter le DPP. L’investissement se justifie par l’amélioration opérationnelle immédiate ; la préparation du DPP en est la conséquence.
Étiquettes Trace-ID recommandées pour les projets de traçabilité et de DPP
Chez Trace-ID, nous concevons et fabriquons des étiquettes RFID à Barcelone, avec une capacité de fabrication complète — conception d’antenne en interne, collage, transformation, impression et encodage — et vérification des performances à l’aide d’équipements Voyantic. Pour les projets de traçabilité axés sur le DPP, ces gammes constituent un point de départ courant :
Étiquette RFID TAR17/18 (puces Impinj série M700) · TARu8/u9 (puces NXP UCODE 8/8m/9)
- Type : inlay/étiquette UHF à usage général
- Dimensions : antenne 42 × 16 mm ; inlay 44,45 × 19,05 mm
- Fréquence : globale 860-960 MHz (RAIN RFID, EPC Gen2v2 / ISO/IEC 18000-63)
- Mémoire : EPC 96-128 bits ; TID de 96 bits avec numéro de série unique de 48 bits
- Applications déclarées : confection, commerce de détail, pharmacie, cosmétiques et chaîne d’approvisionnement
- Pourquoi ce produit correspond au DPP : la mémoire EPC prend en charge un SGTIN sérialisé et le TID unique apporte un niveau supplémentaire d’authenticité par unité
- Lien : étiquettes RFID pour vêtements
Étiquette RFID TH-Wing (M7/M8/U8)
- Type : étiquette UHF utilisée dans les applications textiles
- Dimensions : antenne 50 × 30 mm
- Fréquence : 860-960 MHz (mondiale)
- Application : textile (format cousu sur une bande de satin ou format ticket/autocollant avec l’inlay protégé entre plusieurs couches)
- Pourquoi ce produit correspond-il à DPP : format conçu pour accompagner le vêtement tout au long de son utilisation, une exigence essentielle si le passeport doit rester accessible après la vente
- Lien : étiquettes RFID pour le textile
Pour les surfaces difficiles (métal, environnements industriels), nous disposons de gammes spécifiques d’étiquettes pour le métal, et nous développons des étiquettes sur mesure lorsque le projet l’exige : le matériau, l’adhésif, les dimensions, la puce et l’encodage sont définis en fonction de la surface, de la distance de lecture et du processus opérationnel.
Les spécifications indiquées proviennent du catalogue Trace-ID 2025 ; pour chaque projet, il est recommandé de valider la référence exacte et sa configuration avec notre équipe technique.
Foire aux questions sur le Passeport numérique du produit
Qu’est-ce que le DPP ou Passeport numérique du produit ?
Le DPP est un ensemble de données numériques spécifiques à chaque produit — composition, origine, durabilité, réparabilité, recyclage — accessible via un support physique lisible par machine (support de données) apposé sur le produit. Il est établi par le règlement (UE) 2024/1781 (ESPR) et son contenu exact est défini par catégorie au moyen d’actes délégués.
Quand le passeport numérique du produit deviendra-t-il obligatoire ?
Cela dépend de la catégorie. La première date contraignante est le 18 février 2027 pour les batteries (véhicules électriques, batteries industrielles de plus de 2 kWh et batteries de véhicules légers). Pour les textiles, l’acier, l’aluminium, les pneumatiques, les meubles et les matelas, le plan de travail ESPR 2025-2030 prévoit des actes délégués entre 2026 et 2029, avec une mise en œuvre effective estimée à partir de 2028. Ces dates sont indicatives et ne constituent pas des obligations en vigueur.
La RFID est-elle obligatoire pour le DPP ?
Non. L’ESPR définit le support de données de manière technologiquement neutre (code-barres linéaire, symbole bidimensionnel ou tout autre moyen de saisie automatique des données). Chaque acte délégué précise le support ; pour les piles, par exemple, un code QR est exigé. La RFID est une option reconnue par la norme EN 18220 et apporte des avantages opérationnels, mais elle ne constitue pas une exigence universelle.
Qu’est-ce qu’un support de données dans le cadre du DPP ?
Il s’agit du support physique lisible par machine qui donne accès au passeport numérique : un code QR, un Data Matrix, une étiquette NFC ou une étiquette RFID. L’ESPR exige qu’il soit physiquement présent sur le produit, son emballage ou sa documentation, selon les dispositions de chaque acte délégué.
Les données du passeport se trouvent-elles dans la puce RFID ?
Non. La puce contient l’identifiant unique (mémoire EPC, généralement un SGTIN) et, éventuellement, certaines données dans la mémoire utilisateur. Les données du passeport sont stockées dans l’infrastructure numérique du fabricant ou de son prestataire de services DPP ; l’identifiant renvoie vers celles-ci.
Quelle est la différence entre le DPP et la RFID ?
Le DPP est un système d’information réglementé ; la RFID est une technologie d’identification par radiofréquence. La RFID peut servir de support de données pour le DPP et d’outil permettant de capturer les événements de traçabilité qui alimentent le passeport, mais il s’agit de deux choses distinctes : l’une concerne le « quoi » (les données), l’autre le « comment » (l’accès et la capture).
Quels produits devront être équipés en priorité du DPP ?
Les piles (février 2027) et, selon le plan de travail ESPR 2025-2030, ensuite les catégories prioritaires : le fer et l’acier, le textile et la chaussure, les pneumatiques, l’aluminium, les meubles et les matelas, chacune dès l’adoption et la mise en œuvre de son acte délégué.
Qu’est-ce que le registre central du DPP ?
Il s’agit du registre européen, opérationnel à partir de juillet 2026, dans lequel les opérateurs économiques doivent enregistrer les identifiants uniques de leurs produits réglementés (article 13 de l’ESPR). Il ne stocke pas les données du passeport : il indique où chaque fabricant les héberge.
Un même produit peut-il comporter à la fois un code QR et une puce RFID ?
Oui, et c’est une configuration courante dans les projets de traçabilité. Une même étiquette peut intégrer un inlay RFID UHF et un code QR imprimé codant le même identifiant (GS1 Digital Link) : le code QR offre un accès universel via un smartphone et la RFID permet des lectures en masse tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
Quel rôle joue le GS1 Digital Link dans le DPP ?
Le GS1 Digital Link exprime l’identifiant du produit (GTIN ou SGTIN sérialisé) sous la forme d’un URI web, de sorte que ce même identifiant fonctionne dans un code QR, en NFC ou encodé dans la mémoire EPC d’une étiquette RFID, et renvoie vers le passeport numérique. La norme EN 18219 le reconnaît comme schéma d’identification pour le DPP.
La technologie RFID fonctionne-t-elle sur du métal ou à proximité de liquides dans le cadre de ces projets ?
Oui, avec l’étiquette adaptée. Les surfaces métalliques et les liquides altèrent le comportement électromagnétique d’une antenne UHF (désaccord, réflexions, absorption), ce qui réduit les performances d’une étiquette standard. Il existe des étiquettes RFID spécialement conçues pour le métal et les environnements difficiles ; une validation sur le produit réel est indispensable.
Comment commencer à préparer mon entreprise au DPP ?
Par l’identification, et non par le logiciel : définissez la granularité (modèle/lot/article), le schéma d’identifiant (GS1), le support de données (QR/NFC/RFID ou une combinaison), le point d’étiquetage et la capture des événements ; validez ensuite le tout à l’aide d’un projet pilote sur le produit réel. Les décisions d’étiquetage prises aujourd’hui déterminent le coût de la mise en conformité future.
Conclusion
Le Passeport numérique du produit n’est plus un concept en discussion : c’est un système doté d’une réglementation en vigueur, d’un registre central opérationnel, de normes techniques harmonisées et d’une première date contraignante (batteries, 18 février 2027). Pour les autres secteurs prioritaires — textile, acier, aluminium, pneumatiques, mobilier —, le délai restant n’est pas un temps d’attente, mais un temps de préparation.
La décision qu’une entreprise industrielle ou une marque peut (et doit) prendre aujourd’hui ne dépend d’aucun acte délégué : comment identifier chaque produit de manière unique, avec quel support de données et comment collecter les données dont le passeport aura besoin. La RFID n’est pas obligatoire pour le DPP ; elle constitue, dans de nombreux cas de figure, le moyen le plus efficace de s’y conformer et d’en tirer profit sur le plan opérationnel en attendant que l’obligation entre en vigueur.
Préparez-vous l’identification de vos produits pour le DPP ?
Lorsque la RFID s’inscrit dans une stratégie de Passeport numérique du produit, le choix de la puce, de l’antenne, du matériau, de l’adhésif et de l’emplacement de l’étiquette garantit que l’identifiant restera lisible pendant toute la durée de vie du produit — sur la surface réelle et dans l’environnement réel.
Chez Trace-ID, nous concevons et fabriquons des étiquettes RFID en Europe, avec une conception d’antenne propre à notre entreprise et une vérification des performances unité par unité. Nous pouvons analyser votre cas (surface, distance, processus, volume, intégration) et vous recommander une configuration à valider à l’aide d’échantillons avant de passer à la production à grande échelle.
Sources et documentation technique
- Union européenne (EUR-Lex) — Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR) : définitions des notions de « DPP », de « support de données » et d’« identifiant unique » (art. 2, points 28 à 30) ; chapitre III (articles 9 à 15) ; registre central (article 13). eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1781/oj
- Union européenne (EUR-Lex) — Règlement (UE) 2023/1542 (batteries) : passeport des batteries à compter du 18/02/2027 ; code QR ; chapitre IX et annexe XIII. eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1542/oj
- Commission européenne — Plan de travail ESPR 2025-2030 (adopté le 16/04/2025) : catégories prioritaires et calendrier indicatif. commission.europa.eu — ESPR
- CEN/CENELEC — JTC 24, normes EN 18216/18219/18220/18221/18222/18223/18239/18246 du système DPP ; six d’entre elles étant mentionnées comme harmonisées au JOUE (juillet 2026). cencenelec.eu — DPP
- GS1 + RAIN Alliance — Prise de position commune « Advancing DPPs with GS1 Identifiers and RAIN Technology » (09/09/2025). therainalliance.org
- RAIN Alliance — « Digital Product Passports Enabled by RAIN » et prise de position (2024). therainalliance.org — DPP
- GS1 — GS1 Digital Link et EPCIS. gs1.org/standards/gs1-digital-link
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